GO HOME
Année 2018
Réalisateur Luna Gualano
Cast Antonio Bannó, Awa Koundoul, Cyril Dorand,
Mounis Firwana, Nzeugang Domche, Papi Momar Diop,
Shiek Dauda, Sidy Diop, Wajeeh Jaber
Distributeur Reel Suspects
Genre zombie
Running time 84'
Pays Italie
L'AVIS DU BIFFF :
Enrico, c’est un pastrami pesto pur jus.
Un peu l’équivalent des jambon beurre de Marine Le Pen, mais à la sauce romaine.
Et Enrico, il est fier d’être un bon aryen, toujours prêt à défendre sa patrie de l’invasion sauvage des clandestins.
Là, il s’est regroupé avec d’autres flèches idéologiques en blouson clouté pour manifester contre un centre de réfugiés, où sont regroupés tous ces voleurs de boulot et ces violeurs de femmes, qui osent en plus porter des maillots de la Juventus de Turin.
À Rome, quoi !
Mais voilà qu’une épidémie foudroyante transforme très vite la démonstration de force en zone de guerre gangrenée par des zombies cannibales.
Enrico réussit à fuir le massacre en demandant asile… au centre de réfugiés.
Et là, comme par hasard, notre crâne rasé va très vite relativiser ses à-priori à la con, se prendre un cours accéléré de géopolitique d’un continent africain à l’agonie et apprendre à aimer son prochain pour exploser un maximum de ses concitoyens zomblardisés !
Utiliser la figure mythique du zombie comme sous-texte politique, c’est forcément convoquer le maître Romero à la table.
Et si la réalisatrice Luna Gualano accepte d’autant plus facilement la filiation, c’est parce que l’Italie d’aujourd’hui a toutes les métastase d’un repli extrémiste dangereux : avec un ministre de l’Intérieur populiste qui clame « du Nord au Sud, l’Italie aux Italiens », des réfugiés qui débarquent en nombre tandis que plus de 10,000 cadavres gisent au fond de la Méditerranée, le vaste débat sur les réfugiés est loin de se clore.
Gualano, elle, choisit le chemin de la métaphore pour réinjecter une dose d’humanisme derrière ces statistiques.
L'HUMBLE AVIS DE MATHIEU GEISS :
Go Home est un énième film de zombie qui essaie de renouveler l’approche sociale avec laquelle le genre a souvent composé depuis les premiers films de Georges Romero.
En traitant du retranchement d’immigrés clandestins dans un squat entouré par une horde d’extrémistes zombifiés, la charge contre la politique anti-migrant de Mattéo Salvini semble assez évidente lorsque l’on sait également que le film est une production italienne.
La démarche, pétrie de bonnes intentions est louable, mais même si l’une des vocations de l’art cinématographique est d’apporter un point de vue sur la société, il convient toutefois de faire preuve d’un minimum de talent et de savoir-faire pour rendre un sujet aussi brûlant, digeste.
A ce titre, le choix du genre horrifique devait permettre de créer une distance suffisante pour éviter toute approche moralisatrice et dans le même temps apporter son lot de divertissement.
En tout cas l’affiche avec son personnage taillé comme une armoire à glace et brandissant une énorme masse au dessus de lui semblait le promettre.
Mais nos rêves de démastiquage énervé de morts-vivants, de débris de crâne virevoltants et de jets de cervelle encore chaude laissent très vite place à un enchaînement de séquences filmées sans conviction.
Jamais rien ne vient transcender le message. La réalisation fonctionnelle, procédant de cadrages peu inspirés et d’un découpage insensé qui fait durer chaque plan dix fois trop longtemps désamorce systématiquement l’intensité de chaque scène.
Les rares moments d’action montrant des attaques ne relèvent pas le niveau et paraissent très mollassonnes, à l’image même des protagonistes dont le jeu léthargique n’a d’égal que leur manque de charisme.
L’œuvre se révèle au final aussi désincarnée et amorphe qu’un zombie, passant totalement à côté de ses objectifs de films de genre et incapable de donner à son sujet le traitement qu’il aurait mérité pour ne pas être rédhibitoire.
Critique de Chasing the dragon
Critique de Killer week end
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